L'Institut Français d'Archéologie Orientale

Publié le par O&J

 

L'IFAO  : un palais ayant appartenu dit-on à la princesse Mounira.


Sylvie Denoix, ma responsable de stage, est une grande dame souriante et chaleureuse. Première approche : une réunion du dimanche matin (eh oui, les semaines ici c’est du dimanche au jeudi) et quelques tensions internes sont soulevées… J’aime bien ce genre d’introduction !


Que va-t-on faire de moi ? La question se pose après la réunion… Sibylle, responsable de la médiation scientifique, me prend en charge. Elle m’expose l’avancée de l’exposition européenne sur la coopération archéologique en Egypte qui doit se tenir en juin au Musée du Caire. La deadline a déjà été repoussée trois fois et personne ne veut vraiment s’en occuper… Je me lance dans la collecte de tous les textes et harcèle les voisins européens du Caire. Sibylle m’aide beaucoup et me mets tout de suite à l’aise. Nous parlons de l’Egypte. Elle est impressionnée du rapport au pays que j’ai pu avoir, du contact facile avec les gens. Elle me raconte son sujet de recherche : le musicien dans l’ancienne Egypte. Elle est ici depuis quatre ans et connait beaucoup de gens très intéressants. C’est un vrai plaisir de parler de l’Egypte et de découvrir un de ses côtés encore inconnu : l’Egypte éduquée, les passionnés…


A l’heure de la « popote », les discussions sont animées. L’ambiance n’est pas celle de l’Institut Français de Londres, j'ai ici l'impression d'un esprit plus communautaire. Un expatrié à Londres n’a pas le même destin ni le même état d’esprit qu’au Caire, c’est certain !


« Science po ? Et quel est le rapport avec l’archéologie ? » C’est un peu mon problème ici. Les gens s’étonnent de ma présence. Les stagiaires sont rares et ceux de passage sont plus des « thésards » en recherche. Alors, c’est vrai qu’est ce que je fais là ?
1- Il y a toujours des choses à organiser et mine de rien, l’archéo en Egypte, c’est culturel !
2- Mon mémoire l’année prochaine est en sérieuse réflexion et c’est l’endroit idéal pour s’y plonger.
3- Comment être mieux ici qu’ailleurs pour une amoureuse de l’Egypte ?

L’endroit est paisible et c’est tellement agréable d’ouvrir une fenêtre sur un jardin verdoyant où les oiseaux chantent !


A défaut de photos de l'IFAO proprement dit, celles qui suivent ont été prises sur le chantier des murailles du Caire que le responsable du site, Stéphane Pradines, m'a gentiment fait visiter.

 

 

 

"Site du Parking Darassa (lieu de la visite)

Depuis 2001, outre la découverte et l’étude de nouveaux tronçons de murailles fatimides (1087-1090) et ayybides (1171-1178), des éléments de l’histoire urbaine du Caire ont été mis au jour tels, une maison fatimide de la fin du Xème siècle, des habitats mamelouks et des ateliers d’artisans du XIIIème et XIVème siècles ainsi qu’un cimetière du XVème siècle. La fouille a exhumé un bastion construit en grosses briques crues carrées et situées à près de huit mètres de la muraille de Saladin. Cette structure est antérieure à la construction de la muraille de 1171-1174. Un mur en brique crue part de cette tour et file droit vers Bab el Tawfiq au nord. Les fondations de cette tour en briques crues recoupent une maison fatimide, dont la partie Nord s’ouvrait sur une cour avec une fontaine, dont le canal d’évacuation délimitait un petit jardin. Les installations fatimides rappellent celles trouvées récemment sur le site de Fostat Istabal Antar : il s’agit de mausolées datés entre 980 et 1020. Le bâtiment découvert pourrait être comme à Istabal Antar, une ville funéraire fatimide construite en dehors de l’enceinte de Gawhar."



        


Julie est céramologue et s’est formée à cette spécialité sur ce chantier où elle travaille depuis 8 ans. La plupart des pièces retrouvées n’ont pas une grande valeur puisque l’endroit aux frontières de la ville servait de dépotoir. On identifie certains dessins et techniques (mais aussi couleurs typiques d’une époque : le vert était très utilisé sous les mamelouks car couleur pas chère) à une époque précise. De plus, en fonction des couches où les céramiques sont trouvées, on peut plus facilement supposer leur datation. Un restaurateur travaille sur place à la reconstitution de certaines pièces. Pour Julie, il s’agit de répertorier toutes les pièces, d’en isoler certaines pour le dessin ou la photo. Ce travail doit être conduit sur le chantier car à sa fermeture, le conseil suprême des antiquités récupère le tout et les mélanges sont parfois nombreux…


 

   

 

L’ambiance :
Stéphane, directeur de la fouille et Julie, céramiste travaillent ici depuis l’ouverture du chantier. Maya est ici depuis 2 ans ; une toulousaine dont j’ai oublié le nom s’occupe des squelettes, un tchèque travaille aussi dans l’équipe. Le chef des ouvriers est égyptien et les ouvriers aussi. Toutes les semaines, des étudiants en antiquité viennent sur le terrain. Ce sont de futurs inspecteurs du CSA (Conseil Suprême des Antiquités) en formation. A 10 heures, c’est la pause café et l’équipe de français, le contremaître et les étudiants s’installent à une table pour boire un thé, un yansun ou fumer une chicha. L’équipe travaille en étroite collaboration avec les Egyptiens sur le terrain mais on a quand même le sentiment d’une hiérarchie forte entre les exécutants égyptiens et les autres.

 

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