Oum Kalthoum, la légende
On l'appelle la quatrième pyramide, Oum Kalthoum (1902-1975), la grande chanteuse égyptienne, a un musée au Caire. Pourtant, aucun chauffeur de taxi ne connaiî son existence (du moins les deux qu'on a pris...) et il n'y a jamais personne dans cet endroit de verdure à l'extrémité sud de l'île du Manial. C'est ici qu'on peut visiter aussi le nilomètre (dont nous avons déjà parlé). Le musée n'est pas très grand et présente les multitudes de gants, lunettes de soleil et robes de la chanteuse. L'intérêt c'est surtout la vidéo de 30 minutes où on mesure le succès de la grande dame !Petit aperçu de la vie d'Oum Kalthoum, copié sur Internet
C'est en écoutant son père, imam, enseigner le chant à son frère aîné qu'Oum Kalson appris à chanter. Elle apprenait certaines chansons par cœur et lorsque son père se rendit compte de ce qu'elle savait ainsi que de la puissance de sa voix, il lui demanda de se joindre aux leçons. Très jeune, la petite fille montre des talents de chanteuse exceptionnels, au point qu'à 10 ans, son père la fait entrer - déguisée en garçon - dans la petite troupe de cheikhs qu'il dirige pour y chanter durant les mouled et d'autres fêtes religieuses. À 16 ans, elle est remarquée par un chanteur alors très célèbre, Cheikh Abou El Ala Mohamed, et par un joueur de luth, Zakaria Ahmed, tous deux l'invitant à les accompagner au Caire. Elle attendra d'avoir atteint l'âge de 16 ans pour répondre à l'invitation, et pour se produire - toujours habillée en garçon - dans de petits théâtres, fuyant soigneusement toute mondanité ou vie de bohème.Très vite, deux rencontres déterminent sa vie. Celle de Ahmed Rami tout d'abord, un poète qui lui écrira 137 chansons et l'initiera à la littérature française, qu'il a étudiée à la Sorbonne. Mohamed El Qasabji, ensuite - virtuose du luth, lui ouvre le Palais du théâtre arabe, l'occasion pour Oum Kalthoum de premiers grands succès (L'amoureux est trahi par ses yeux). En 1932, sa notoriété est telle qu'elle entame sa première tournée orientale : Damas, Bagdad, Beyrouth, Tripoli, etc.
Ses funérailles se déroulent à la mosquée Omar Makram du Caire où sont célébrés les plus grands musulmans. Le corps devait initialement être porté jusqu'à un véhicule qui l'aurait amené à sa dernière demeure mais face à l'afflux de personnes venues pleurer la chanteuse, et contrairement à la tradition musulmane, les autorités ont repoussé les obsèques de deux jours. Les funérailles d'Oum Kalsoum ont déclenché des scènes de détresse collective et la foule venue saluer le corps a dépassé le nombre attendu. Des stars du cinéma, des poètes, des hommes d'affaires, des ambassadeurs, des ministres ainsi que de nombreux anonymes ont formé un cortège de plus d'1,5 km (pour environ trois millions de personnes), formant le deuxième plus grand rassemblement d'Égypte, après les funérailles de Nasser. Les Caïrotes se sont emparés du cercueil et l'ont promené pendant trois heures dans les rues du Caire avant de l'amener à la mosquée al-Sayyid Husayn, une des favorites d'Oum Kalsoum. Là, le cheïkh de la mosquée a répété les prières funéraires et a prié les porteurs d'amener le cercueil à sa tombe, arguant qu'Oum Kalsoum était une femme pieuse et qu'elle aurait voulu être enterrée rapidement comme le recommande la tradition musulmane.
Vidéo de l'enterrement d'Oum Kalthoum (en mauvaise qualité... ça fait authentique !)
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