Les soirées culturelles du Caire

Publié le par O&J

MAKAN
Un soir, nous nous rendons à Makan (qui signifie "le lieu, la place" en arabe) sur les conseils de Amel , en stage chez Evelyne à Tounes. A l'entrée du métro Saad Zaghloul, la salle est à cinq minutes de chez nous et mérite le coup d'oeil. Un espace assez petit avec une mezzanine, des chaises, des gros coussins par terre, des tapis et un banc sur ce qui constitue la "scène".
Le zar est un rituel communautaire de guérison au cours duquel on danse sur un rythme de percussions. Traditionnellement la cérémonie est menée principalement par des femmes, les hommes ayant un second rôle. Le Zar est un espace dans lequel les femmes peuvent évacuer leurs tensions et leurs frustrations liées aux contraintes sociales. C'est un rite de purification dans lequel le rythme des percussions et la danse entraine un état second, une transe. L'instrument traditionnel du zar est la "tamboura", une lyre à six cordes qui existe sous différentes formes (comme la pratique elle-même du Zar) de l'Afrique de l'Est à la péninsule arabe. Le statut marginal du zar est attribué au fait de sa magie, de son mystère et de la suspicion d'une alternative au courant dominant de l'islam. Parce que le Zar fait partie d'une culture "souterraine", la forme originelle du Zar a subsisté sans interférence  ni influence d'un autre genre musical mais sa pratique reste très limitée. Normalement, on pratique le Zar dans des cimetières et cette mise en scène est davantage un spectacle qu'une véritable cérémonie du Zar.

   


                     
                                 



L'OPERA

Un soir, nous sommes invités par Sylvie Denoix (la responsable de stage d'Odile) à l'Opéra voir la pièce "Pinocchio". Il est 19h et nous nous balladons dans le quartier fatimide quand elle appelle Odile " J'ai quelque chose à vous proposer, on se rejoint à 20h devant l'Opéra ça vous va ?". Ni une ni deux, on saute dans un taxi et on tente une toilette rapide et des vêtements un peu plus "chics" pour l'occasion. On arrive plutôt fiers de nous à l'Opéra mais à l'entrée, Jermain dans sa belle chemise se fait refouler : cravate obligatoire ! Heureusement, ils ont prévu le coup et en échange de son passeport, on lui en prête une.
Les spectateurs sont tous très bien habillés et il y a beaucoup d'enfants. Pas un blanc de la part de l'orchestre sans que les gens n'applaudissent et ne commentent la mise en scène.
La pièce est super, on plonge dans l'histoire de Pinocchio en essayant de se remémorer le nom des personnages.

L'opéra a été inauguré le 10 octobre 1988, dix-sept ans après l’incendie de l’ancien opéra,  en présence du prince Tomohito de Mikasa le frère de l’empereur du Japon.

Cet édifice, nommé le centre culturel national, a en effet été construit par les Japonais qui ont choisi une architecture islamique moderne qui s’harmonise avec les alentours.


La place n'est pas très chère mais il faut investir dans une cravate !





Le CFCC (Centre Français de Culture et de Coopération) de Mounira
Juste derrière l'IFAO, le centre culturel français : un programme culturel super et en plus, tout est gratuit. Récemment, une conférence sur la pollution du Nil dont vous avez le résumé dans la rubrique "pages". Plusieurs films par semaine dont de nombreux Youssef Chahine et récemment "La Terre" sur le thème de paysans qui se battent pour garder leur terre contre un Anglais qui veut absolument faire construire une route jusqu'à son palais.
Le CFCC comporte aussi une médiathèque (beaucoup moins belle que celle de l'IFRU !) et pas mal de bouquins de littérature française mais aussi égyptienne.


LE CEDEJ (Centre d'Etudes et de Documentations Economiques)

Le CEDEJ c'est dans le même bâtiment que le DEAC (Département d'Etudes de l'Arabe Contemporain) et il s'y passe parfois des conférences intéressantes comme la dernière sur la place des coptes en Egypte (conférence avec un Allemand en anglais mais réponse aux questions à la fin de la conférence en français ! A plus rien n'y comprendre !).
Le CEDEJ est une ressource importante de documentation sur la société égyptienne , il possède une bibliothèque bien remplie mais malheureusement ouverte en semaine juste quand on travaille !

L'UNIVERSITE AMERICAINE

Sur le chemin de la place Tharir, on met 20 minutes à pied pour y aller. L'université a une librairie très bien et vend des ouvrages pour pas trop cher (ahah, on va encore avoir des valises plein de livres à vous refiler !!!). Elle organise aussi des événements comme récemment la projection du film "Palestinian Life" de Philip Rizk (voir son blog en lien).

Petite note utile : le blog de ce journaliste égyptien d'origine allemande peut avoir une durée de vie limitée étant donné sa récente arrestation lors d'une marche pour Gaza... Internet est un outil plus que contrôlé en Egypte et on ne dit pas ce qu'on veut !
Un Egyptien nous raconte : "Pour les sites pornos, ça ils laissent parce qu'ils disent que les gens peuvent bien regarder ce qu'ils veulent mais pour la politique, ça non, c'est pas possible, c'est un trouble à l'ordre public." Dans tous les cas, mieux vaut ne pas se faire arrêter par la police égyptienne qui procéde à des interrogatoires plutôt musclés. Un régime de non droit qui condamne souvent les pauvres et accepte largement les back chich...






EL SAWY CULTUREWHELL

est un centre culturel situé à Zamalek sous le pont du 26 Juillet. On dit qu'il a été fondé par un riche Cairote qui souhaitait rendre la culture plus accessible à tous. L'endroit est assez atypique et un lieu de rencontre sympa de la jeunesse cairote. On y joue de la guitare, on écoute des concerts dans un jardin au bord du Nil.
Un peu loin de chez nous et surtout loin d'un métro, c'est tout de même une bonne adresse pour décompresser et rencontrer des jeunes !



CHEZ HELENE ET DANIELLE
On a repris leur appartement mais on a aussi trouvé deux ptits bouts de femmes, pleines d'énergie, qui portent à bout de bras un projet gros comme le monde : combattre la misère. On s'intéresse à l'association ATD Quart-Monde, on lit la doc qu'elles nous donnent et on admire le travail !

Petit récit d'une soirée ou comment un lieu de refuge au Caire peut s'avérer confortable...
Petit repas et tôt au lit car fatiguée : c'était le programme à la base. Mais voilà qu'à 20h, une énorme sono et des grands bonshommes gonflables tout en couleurs sont installés dans la rue juste en bas de l'appart pour célébrer un mariage. A cela s'ajoute un ouvrier dans l'immeuble qui s'est dit qu'il commencerait bien ce soir à refaire les escaliers ! Muni d'un marteau et d'un burin, il tape sur les marches et cimente des nouvelles... Nous dans tout ça, on est descendu se renseigner pour savoir si la musique allait duré "koulou el leil" (toute la nuit)... et en retournant, plus d'ascenceur !
plus d'escalier + plus d'ascenceur = on escalade (j'exagère un peu...) jusqu'au 4ème étage, on prend nos duvets et on appelle Hélène pour s'inviter une nuit dans un endroit moins chaotique...
Le lendemain matin, c'est vendredi. Tout est calme, si calme... (les vendredis matin sont un bonheur ici !)
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LE CAFE
Le café en Egypte c'est un lieu primordial. On en compte tous les 100 mètres, souvent au coin d'une rue ou dans un petit local qui ne paye pas de mine. Il est plein toute la journée mais surtout le soir où on sort les jeux de dominos et de backgammon. Peuplé d'hommes qui fument la chicha (mahassel ou tofah = miel ou pomme) et sonorisé par une télé qui diffuse des vieux match de foot ou des téléfilms égyptiens, c'est un endroit de rencontre et de halte dans une ville si mouvementée. Quand on y aperçoit une femme, on a envie d'aller boire un thé avec elle et de lui parler : ici, c'est rare, alors celle qui ose affronter cette restriction sociale doit avoir un sacré caractère. En tant qu'Européens, on est les bienvenus et on a élu domicile au café de Mohammed en bas de chez nous où les gens nous connaissent : on s'y sent en paix. Notre cher et tendre président n'a pas encore trop nuità la réputation du français ici et quand on annonce notre nationalité, on nous serre la main en racontant que la France et l'Egypte sont des amis de longue date. Ils rigolent quand on s'obstine à vouloir parler arabe et qu'on prétend ne pas comprendre l'anglais ! Quand on trouve quelqu'un qui le parle vraiment, des discussions intéressantes peuvent s'engager mais sinon, la plupart ne savent que baragouiner deux choses : "Welcome to Cairo" et les chiffres. Or il se trouve que se sont deux éléments que nous connaissons très bien en arabe !


LES RESTAURANTS

On découvre avec bonheur des petits restaurants sympa et pour des prix sympa aussi situés surtout aux alentours de la place Tahrir et du musée égyptien (20 minutes à pied de chez nous... qu'est ce qu'on est bien placé quand même ! vous l'aurez compris...). Certains sont comme des lieux clandestins, dans des petites rues où on peut siroter une stella (bière locale) en compagnie d'Egyptiens nostalgiques d'une époque passée.






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